Tome II – Chapitre 13 : Un journal très intime

Résumé

Après avoir rendu visite à Hermione, toujours coincée à l’infirmerie à cause de l’incident du polynectar, Harry et Ron, attirés par les cris de Rusard découvrent les toilettes de Mimi Geignarde complètement inondées. Celle-ci n’a en effet pas apprécié qu’un livre lui soit jeté à la figure, même si, comme lui fait remarquer Harry, elle ne peut rien sentir. Ron recommande la prudence à l’égard de ce livre tombé d’on ne sait où, mais Harry le prend tout de même, sans trop savoir pourquoi. Il remarque qu’il s’agit d’un journal intime, acheté côté moldu, par un certain T. E. Jedusor il y a cinquante ans, soit, comme le fait remarquer Hermione, une fois sortie de l’infirmerie, l’époque de la première ouverture de la chambre des secrets. Cependant, malgré tous leurs efforts, les trois amis ne réussissent pas à percer le secret du journal de cet élève qui a reçu une récompense pour services rendus à l’école, récompense que Ron a dû astiquer de nombreuses fois lors de sa retenue. Finalement, c’est grâce à la ridicule St-Valentin organisée par Lockart et à la tentative de Drago de ridiculiser Harry lors du fameux poème du crapaud (déclaration d ‘amour de Ginny) que ce-dernier se rend compte que le journal absorbe l’encre. Il tente alors d’y écrire, et, surprise ! Le journal lui répond. T. E. Jedusor l’emmène dans ses souvenirs et lui montre sa capture d’Hagrid et le monstre qu’il aurait libéré.

Analyse

Une semée d’indices

Ce chapitre est un des passages importants de la Chambre des secrets, mais aussi de toute la saga. Rowling nous indique tout le long des indices de la fin : le fait que le journal a été jeté dans les toilettes des filles, l’effroi de Ginny à la vue du journal. Même l’ironie de Ron apporte un indice : quand il cherche à savoir pourquoi Jedusor a obtenu une récompense, il imagine qu’il a « peut-être (…) assassiné Mimi Geignarde. C’était un grand service à rendre à la communauté. » (p247 en folio). Or, on l’apprendra à la fin, c’est le cas. Mais ce chapitre est aussi crucial pour la saga : on y apprend sans encore s’en rendre compte le nom de Voldemort, son origine de sang-mêlé, le nom de son grand-père…
On y découvre son pouvoir de séduction sur les professeurs, la méfiance mutuelle de sa relation avec Dumbledore ou encore ses tendances manipulatrice : il utilise ses souvenirs de façon biaisée pour faire croire autre chose à Harry, et en plus il se rend proche de lui en lui montrant le passage où il souhaite rester à Poudlard pendant les vacances plutôt que de retourner à l’orphelinat. On anticipe presque sur cette fameuse phrase du septième tome où Harry dresse en parallèle entre lui, Rogue et Voldemort, trois garçons dont Poudlard a été la première maison. Enfin, c’est la première apparition d’un Horcruxe, et Rowling y montre déjà le lien entre l’esprit de Voldemort et celui de Harry puisque celui-ci considère presque le journal et Jedusor à travers lui comme un « ami qu’il avait eu dans sa petite enfance et qu’il avait oublié depuis » (p249 folio). Ce lien avait déjà été préparé par la répartition (« pas à Serpentard ») et par le club de duel.
C’est aussi la première fois que l’on voit Aragog : sans que cela soit dit explicitement, la description fait référence à une araignée. Là encore, on peut y voir un indice de la révélation finale, à savoir, que le monstre est un basilic. En effet, pourquoi le monstre de Serpentard serait-il une araignée sortie du placard ?

Souvenirs, souvenirs

C’est la première fois que Harry fait l’expérience d’une plongée dans les souvenirs d’autrui. Mais, comme dans tout bon roman d’apprentissage, cette première fois ne peut lui apporter la vérité (au contraire de la dernière fois, avec les souvenirs du Prince, ultime vérité et aboutissement d’un parcours d’apprentissage), et l’induit même en erreur. Harry se laisse berner par ce qu’on lui montre, comme lorsque Voldemort l’attirera au ministère en lui montrant Sirius torturé. Il finit par ne plus reconnaître ses amis (Hagrid) de ses ennemis (Jedusor / Voldemort). Ce passage permet également à Rowling d’instaurer les règles de la « plongée dans les souvenirs » : Harry retourne dans le passé sans y être, il ne peut rien y faire et est juste spectateur, il ne peut pas s’éloigner trop du point de vue du personnage dont il explore les souvenirs… Ces règles s’appliqueront à la pensine. Rowling s’en donne aussi à cœur joie : Dumbledore jeune, une description qui sera étoffée dans le sixième tome avec l’étude de souvenirs liés à Voldemort. Nous avons d’ailleurs ici, pour finir, un aperçu de ces souvenirs : la naissance de Jedusor, celle-ci sera encore racontée par la responsable de l’orphelinat.

Le pouvoir des livres

Rowling l’a souvent dit, pour elle la magie existe, notamment dans nos sentiments et dans les mots. La magie des livres est bien présente ici : Ron donne à Harry une série d’avertissement sur des livres possédant un pouvoir concret sur leur lecteur : on peut y voir une métaphore du pouvoir plus abstrait que les livres ont effectivement sur nous. Mais c’est aussi l’un des ressorts de « l’humour sorcier » dans Harry Potter : Ron nous peint comme souvent une galerie de curiosités qui, sans être désopilante, participe du charme de cet univers en décalage par rapport au nôtre. Enfin, ce thème des livres dangereux permet en fait à Rowling de rappeler, derrière une légèreté apparente, que dans son œuvre, les objets peuvent avoir une volonté, peuvent agir. On peut y voir une préfiguration des horcruxes comme un rappel d’un thème cher à la littérature fantastique (que l’on songe à l’anneau chez Tolkien).

Merci à anastasiarogue pour son analyse

Portolien

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