Tome 2 – Chapitre 18 : La récompense de Dobby

Résumé

Harry, après avoir sauvé Ginny, retrouve la famille Weasley et ses professeurs, qui attendent des explications. Harry raconte donc toute l’histoire en omettant volontairement le rôle de Ginny. Toutefois, Dumbledore n’est pas dupe et Harry parle alors du journal intime. La jeune femme est réprimandée par son père pour son inconscience, avant d’aller à l’infirmerie.
Dumbledore s’explique alors avec Ron et Harry, les récompensant au lieu de les punir d’avoir enfreint le règlement. Il demande ensuite à Ron de conduire Lockhart, toujours amnésique, à l’infirmerie également, afin de rester seul avec Harry.
Tous deux s’entretiennent au sujet de Tom Jedusor, et Harry lui fait part de ses craintes de lui ressembler. Le directeur le rassure : il possède certes les qualités d’un Serpentard, mais fait des choix qui le rende différents de Voldemort. L’épée de Gryffondor est là pour le prouver.
Lucius entre à ce moment dans le bureau, furieux que Dumbledore ne soit plus exclu. Celui-ci s’explique et accuse Lucius de menaces sur le conseil d’administration. Il lui parle ensuite du journal et pendant ce temps, Dobby indique à Harry le livre puis Malefoy. Harry comprend soudain que c’est Lucius qui l’a donné à Ginny, lors de la rentrée des classes, même s’il ne peut le prouver. Il rend alors le journal à Lucius, emballé dans sa propre chaussette. Lucius, dégoûté, la jette au sol, et Dobby la récupère, achetant ainsi sa liberté. L’elfe protège alors Harry de son ancien maître, furieux.
L’année se termine sur un festin grandiose, alors que les examen sont annulés. Les héros reprennent le Poudlard Express tous ensembles et Ginny avoue alors que Percy a une petite amie, préfète à Serdaigle. Harry profite du trajet, pour donner son numéro de téléphone à Ron et à Hermione, afin de ne pas être seul tout l’été.

Analyse

Dumbledore, à la fois figure de conseiller et de père

Comme à chaque fin de tome, nous avons droit dans ce chapitre, à l’explication finale d’Albus Dumbledore. Il livre des informations que lui seul possède, comme ici le passé de Tom Jedusor, l’ayant eu comme élève cinquante ans auparavant. S’il communiquait directement tout son savoir à Harry, bien des doutes seraient évités au jeune sorcier. Dumbledore représente donc la figure typique du sage des contes. Comme de nombreux autres, tel Gandalf dans le Seigneur des Anneaux, Panoramix chez Asterix, Yoda de Star Wars ou encore Nestor de la mythologie grecque, il incarne cet archétype de la figure paternelle – cette figure est exclusivement masculine –, qui utilise son savoir, acquis par l’expérience due à son grand âge, pour aider le héros.

En plus de son savoir, il représente pour Harry le père qu’il n’a pas eu le temps de connaître. En effet, si Harry est un symbole d’espoir pour la plupart des sorciers, et notamment ici, les Weasley, c’est Dumbledore qui joue ce rôle auprès de Harry. On retrouve en effet plusieurs expressions comme « « merveilleuse impression de soulagement » ou « en regardant Dumbledore d’un air désespéré ». Cela montre bien que Harry se repose complètement sur Dumbledore et ses connaissances, comme un enfant se sentirait protégé par son père. On comprend donc dès à présent pourquoi Harry est complètement désemparé lors de la mort de Dumbledore dans le tome 6. Il perd un mentor, mais aussi son père de cœur.

On notera toutefois que Dumbledore joue le rôle de père protecteur, intervenant régulièrement par son savoir ou son pouvoir, mais aucunement le rôle de père répresseur, rôle tout aussi important de la paternité. En effet, même si elle vient de subir un traumatisme, on voit Arthur Weasley gronder Ginny pour son inconscience, afin qu’elle évite de reproduire cette erreur. Dumbledore, lui, annonce clairement à Harry qu’il ne sera pas puni pour avoir bravé tous les règlements de l’école, malgré le danger. Cela explique pourquoi il continue inlassablement à prendre les mêmes risques, même au prix de sa vie…

Le passé de Voldemort

Parler du journal de Tom Jedusor est une occasion pour Dumbledore de revenir sur le passé de Lord Voldemort, et on voit ici toute l’ambivalence de ce personnage. Lorsqu’il était étudiant, c’était un jeune homme très brillant, dont Dumbledore avait été le professeur. Avec d’excellents résultats, il n’y avait pas à se méfier de cet élève modèle, en apparence, du moins. D’après Dumbledore, même s’il avait déjà ouvert la chambre des secrets lors de sa scolarité, ça n’est qu’après de nombreux voyages et l’influence de certaines rencontres que Tom Jedusor devint Lord Voldemort.

Cela montre bien l’importance des choix dans notre vie, comme le rappelle Dumbledore à Harry. On peut avoir les mêmes prédispositions et devenir des personnes totalement différentes, selon nos ambitions et nos décisions. J.K. Rowling prend donc la position philosophique de contester l’existence du déterminisme, prétextant que tout être est soumis à des forces qui dirigent ses choix, mais prône plutôt le libre-arbitre de ses personnages, pouvant changer leur destin, même si tout les y ramène (entre Harry et Voldemort, nous pouvons notamment citer l’échange d’âme, la baguette semblable, le passé similaire…).

Dans ce chapitre, sans en prononcer le nom exact, nous découvrons également le premier des horcruxes, le journal de Jedusor. Cela fait partie de ce qui a, comme dit Dumbledore, changé les traits de Tom Jedusor. Les yeux, et le visage étant le reflet de l’âme, on comprend aisément que de diviser son âme ait pu changer la façon de percevoir ce jeune homme. Toutefois, toutes ces allusions au passé de Tom Jedusor sont assez discrètes et ce chapitre n’est qu’introducteur à la suite de la saga.

La transformation de Harry

Ce chapitre constitue un chapitre de grande évolution pour Harry. Tel le phénix qui l’a sauvé, il renait de son combat avec le basilic et devient plus fort à la fin de ce tome.

En effet, Harry a souvent été dans le doute, depuis le début de l’histoire. Doutant de l’utilité de son existence, il est incrédule lorsqu’on le dit sorcier. Il ne croit pas non plus en ses talents de joueur de Quidditch, ni en ses qualités de duelliste, puisqu’il est tétanisé devant Voldemort dans le tome 1. Durant le tome 2, ce sentiment s’accroît, puisqu’il ne pense même plus être une bonne personne, tant les autres le craignent en tant qu’héritier de Serpentard.

Malgré ce qu’on lui dit et ses succès, Harry n’a aucune preuve et continue de douter, ce qui l’affaiblit en un sens. Dans ce chapitre, Dumbledore apporte à Harry la preuve tangible qu’il est à Gryffondor et qu’il mérite de l’être. En effet, il a reçu du choixpeau l’épée de Godric Gryffondor lui-même. Voyant les lettres gravées devant ses yeux, Harry n’a plus d’autre choix que de croire. Rassuré, il devient par la suite de la saga, un sorcier plus sûr de lui, et acquiert en autonomie et en puissance.

De plus, si sa victoire du premier tome était restée plutôt secrète, les autres élèves n’ayant pas eu conscience d’un danger quelconque, celle-ci transforme Harry en héros à Poudlard. Même les enfants de moldus qui n’ont pas lu son nom dans les journaux sorciers lors de l’attentat, voient ici Harry comme un sauveur, qui a détruit le basilic et sauvé l’école d’un risque perçu par tous. On retrouve même ici le schéma classique du chevalier au grand cœur terrassant le dragon reptilien, pour sauver sa princesse et gagner ses faveurs, même si celles-ci mettront encore quelques tomes avant de se déclarer.
Le statut de Harry change donc complètement, pour lui, ainsi que pour les autres élèves de Poudlard, lors de ce chapitre.

La libération des elfes

Un autre grand point abordé dans ce chapitre est la libération de Dobby. Elle sera le précurseur de la création de la S.A.L.E par Hermione, deux tomes plus tard. Harry profite d’un accès de colère de Lucius Malefoy, pour lui faire libérer malgré lui sa propriété. On peut bel et bien parler de propriété, puisque les elfes de maisons subissent un traitement qu’on peut comparer à de l’esclavagisme, bien que volontaire la plupart du temps.

En effet, Dobby est un elfe particulier car la plupart des autres elfes sont heureux en servitude. Dépendants de leurs maîtres, la liberté est pour eux une disgrâce, signifiant que leur maître n’est pas satisfait de leurs services. Il y a donc une certaine fierté, à travailler pour un maître. De plus, en tant qu’esclaves, ils n’ont pas à prendre de décisions. La liberté peut donc en un certain sens faire peur, puisqu’elle implique de récupérer les rênes de sa propre vie, mais aussi d’en assumer les conséquences. On peut donc comprendre la réticence qu’ont les elfes de maison à se séparer de leur servitude.

Dobby, toutefois, a atteint un degré de conscience supérieur et refuse d’obéir à un homme mauvais, même si un bon travail pourrait lui apporter, sinon de la reconnaissance, au moins la tranquillité. Ayant perçu cela, il ne peut donc plus être heureux en captivité, et adule donc Harry Potter, lorsque celui-ci le libère de sa famille. Les lois régissant le monde des elfes restent encore assez mystérieuses, mais le contrat le liant avec la famille Malefoy est véritablement rompu, même si celui-ci n’était pas conscient de son geste.

Cependant, on peut douter par la suite du bien fondé d’un tel acte, puisqu’à part à Poudlard, Dobby n’a trouvé d’emploi – et donc de but à sa vie – nul part, maintenant qu’il est libre et qu’il veut être payé pour son travail, pas même chez les honnêtes sorciers. Le monde sorcier ne semble donc pas prêt pour la libération de ce peuple asservi depuis tellement d’années que c’est devenu sa propre nature.

Petits plus :

  • Harry reçoit ici une récompense spéciale pour Services rendus à l’école.
  • On a ici la première utilisation de mandragore, pour soigner les paralysés. Cette utilisation est plutôt contradictoire avec les croyances populaires sur la mandragore, qui, grâce à ses propriétés hallucinatoires réelles, permettaient d’entrer en transe pour communiquer avec les démons. Elle était également utilisée comme tranquillisant ou somnifère, depuis l’antiquité. On voit donc mal en pratique comment elle pourrait servir à réveiller d’une paralysie.

Merci à Ginny87 pour cette analyse

Portolien

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