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David Heyman – Le rêve d’un producteur

David Heyman semble bien tenir le coup. Même si vous le regardez attentivement, que vous observez chacun de ses gestes de près pendant deux heures, vous ne remarquez sûrement pas que tout repose sur lui.

Heyman se rend au café à huit heures du matin, discute, plaisante, rit et boit son thé avec à peu près autant de soucis qu’un marin qui fait escale. Mais il a indubitablement un lourd fardeau sur les épaules. Car David Heyman, 42 ans, est le producteur de films que des millions d’enfants du monde entier adorent, et ils aiment relever chaque petit détail pour voir s’il colle aux livres. Ces livres racontent bien sûr la vie d’un jeune sorcier nommé Harry Potter.

Deux films sont sortis, mais il n’en reste pas moins de cinq, en incluant celui qui sortira cet été. Un seul faux pas et une armée de pré-adolescents doublés de véritables rats de bibliothèques se soulèvera contre Heyman, qui ne pourra plus jamais se sentir en sécurité dans une aire de jeux.

Heyman est au courant des risques. « Quand on veut faire tenir un bouquin entier dans un film de deux heures, il y a forcément certaines mises au point à faire, et parfois l’auteur ne doit pas avoir peur d’adaptations plus libres et doit laisser de côté leur volonté de domination. » explique-t-il.

Mais il considère n’avoir jamais dévié du chemin tracé par J.K.Rowling, la créatrice de Harry Potter. En effet, elle a eu plus d’autorité sur le projet que le veut l’usage quand on adapte un ouvrage à l’écran.

L’histoire et la trame de fond sont une chose, mais l’atmosphère générale et les sensations en sont une autre bien différente. La nomination d’un réalisateur plutôt inattendu, qui avait déjà dirigé le très controversé Y tú Mamá También, Alfonso Cuaron, pour diriger le tournage du troisième opus, a déclenché une vague de murmures et de soupires partout dans le monde.

Mais Heyman, occupé à finir Le Prisonnier d’Azkaban et à commencer les premières prises de vue de la Coupe De Feu, est plutôt détendu : « Les meilleurs films naissent de prises de risques. »

Car maintenant, Heyman supporte ses responsabilités avec aisance, et les jeunes peuvent baisser les armes. Mais une forte attente pèse aussi sur Heyman, tout cela à cause des cyniques qui le prennent à tort pour un plaisantin, et qui lui accordent un succès partiel dû de deux coups du sort : premièrement la chance d’avoir pu exploiter le filon Harry Potter, secondement être issu d’une grande famille du monde du showbusiness.

John Heyman, son père, était un grand agent du cinéma et pionnier des nouvelles méthodes de financement des films, alors que sa mère, Norma Heyman, était une grande actrice qui a tourné avec les plus grands, notamment Elizabeth Taylor.

L’attente vient surtout de cette grande question : « qu’est-ce que Heyman va maintenant faire pour prouver au monde entier qu’il n’est pas un parvenu et qu’il a sa place dans le monde du cinéma ? »

Heyman commence à expliquer en souriant que sa carrière avait débuté bien avant d’acheter les droits des films sur Harry Potter, presque vingt ans de production exécutive à Hollywood.

Toutefois il est vrai que son premier emploi était celui d’un figurant dans A Passage to India, que son père avait contribué à produire. Mais après cela il alla étudier à Harvard, et démissionna d’Hollywood où il sauta par-dessus les aspirants comédiens et devint associé avec les frères Warner, travaillant sur des films tels que Gorrillas in the mist et Goodfellas. Son ascension fulgurante se poursuivit jusque dans les années 1980 où, à l’âge de 26 ans, il est nommé vice-président de la United Artists.

Le rêve de Heyman était de produire ses propres films. Il débuta avec deux films à petits budgets, Juice et The Daytrippers, tous deux critiqués. En 1997 il retourna en Grande Bretagne où il fonda Heyday Films, et en accord avec la Warner il commença à chercher de nouveaux projets. Il lut alors un manuscrit non publié sur les aventures d’un jeune sorcier et tomba immédiatement sous le charme… Harry Potter à l’Ecole des Sorciers fut le premier film produit par Heyday.

Maintenant Heyman, qui vit avec sa compagne et ses quatre enfants à Londres, est prêt à étendre ses activités. Pour atteindre son but, Heyman fait confiance au talent qui a fait de lui ce qu’il est aujourd’hui : dénicher des livres et les adapter à l’écran.

Les livres ont le plus grand taux de conversion au cinéma, incluant les scénarii originaux. Parmi les premiers projets à venir dans les deux prochaines années, on compte l’adaptation de The Curious Incident of the Dog in the Night-Time, de Mark Haddon, et The Giants f the Joneses, de Julia Donaldson, qui avaient tous deux été rejetés par Warner Bros.

Heyday compte seulement huit employés à Londres et Los Angeles, mais Heyman espère agrandir son empire comme Working Title, qui a notamment produit Bridget Jones’ Diary, et qui est la plus grande firme de cinéma Britanique.

« Je serais vraiment ravi de pouvoir rivaliser avec Working Title » déclare Heyman « Il y a suffisamment de place pour deux firmes dans ce pays. »

L’un de ses projets est de travailler aussi bien avec de nouveaux talents qu’avec des acteurs confirmés. « La chance de travailler avec des gens qui percent à peine m’excite beaucoup», avoue-t-il, pas décontenancé le moins du monde par les risques qu’il court.

Heyman pivote alors sur son tabouret, commande une nouvelle tasse de thé, et révèle pourquoi le poids qui pèse sur ses épaules ne semble pas le toucher : « Je préfère tomber de haut que de rester dans la norme. »

Portolien

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