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Film 7 - Les Reliques de la Mort

Notre critique : Un final surprenant qui fait honneur à la plume de J.K. Rowling !

Écrit par Sifrette, le

Ne lisez pas cette critique si vous n’avez pas encore vu le film !

« De l’aide sera toujours donnée à Poudlard à ceux qui le demandent. Je me suis souvent flatté d’avoir un certain talent d’orateur. Les mots sont une grande source de magie, Harry. Ils peuvent blesser ou guérir quelqu’un. C’est pourquoi j’aimerais reformuler ce que j’avais dit auparavant : ’de l’aide sera toujours donnée à Poudlard à ceux qui la méritent’. »

Ces derniers mots de Dumbledore sur les quais de King’s Cross ne sont certes pas fidèles au roman de J.K. Rowling mais ne font-ils pas échos à l’intention même de l’auteur qui, au cours de sept tomes, n’a pas cessé de prouver au monde la magie de simples mots ?

Il est vrai que Harry Potter et les Reliques de la Mort – Partie 2 prend de nombreuses libertés par rapport à la trame narrative du dernier livre. La première moitié du film se distancie ainsi du roman ainsi, de façon plutôt réussie d’ailleurs, afin d’éviter les impasses narratives qui découlent de manques dans les films précédents. Car comment expliquer que Harry retrouve la Coupe de Pouffsouffle ou le Diadème de Serdaigle alors qu’il n’en a jamais été fait mention dans les films précédents ? En permettant à Harry de « sentir » la proximité des Horcruxes, Steve Kloves facilite le déroulement de l’histoire tout en offrant une explication logique à cet aménagement puisque Harry est lui-même le dernier Horcruxe.

Un final surprenant donc par sa liberté, mais aussi par son épuration et son réalisme. Au regard de la bande-annonce et de toute la campagne marketing, on aurait pu s’attendre à un final opératique, grandiose. Beaucoup de gens imaginaient une Bataille de Poudlard rappelant la Bataille de Minas Tirith du Retour du Roi. Mais vous ne verrez pas Neville monter de façon acrobatique sur le dos d’un géant. Restant fidèle à son style, David Yates a fait le choix du « réalisme » (en admettant que ce monde magique soit réel, bien sûr !). La Bataille de Poudlard, qui occupe une grande partie du dernier film, prend un rythme saccadé où le spectateur se perd légèrement dans les différentes actions mais se rappelle toujours l’enjeu du combat.

Une des plus belles scènes de toute la saga est sans doute « Courtyard Apocalypse », quand Harry, Ron et Hermione traversent le château dans une apocalypse la plus totale pour se rendre vers l’entrepôt des barques, où se trouvent Voldemort et Rogue. La musique magnifique d’Alexandre Desplat renforce cette idée de chaos qui règne à Poudlard, submergé par l’attaque des Mangemorts, araignées géantes, géants et autres forces du Mal. On regrettera sans doute de ne pas vraiment assister à la mort de Fred mais, toujours d’un point de vue réaliste, le chaos de la bataille nous aurait sûrement empêchés de nous attarder dessus. La découverte des corps de Fred, Lupin et Tonks, dans la Grande Salle, est d’ailleurs tout aussi émouvante que la mort elle-même des personnages.

Si l’on peut critiquer ce parti-pris du réalisme, on ne pourra nier que David Yates prouve ici qu’il a compris les romans de Rowling. Dans l’esprit et l’intention, ce dernier film respecte tout à fait l’œuvre de l’auteur. Les deux scènes cruciales et tant attendues, le Récit du Prince et le Retour dans la Forêt sont véritablement à la hauteur de nos attentes. On l’a souvent entendu dans la presse et c’est à nous de le confirmer : Alan Rickman livre une performance extraordinaire. Encore une fois, devrions-nous nous plaindre de l’ajout de certaines scènes ? Je dirais que non. Car, même si cela n’est pas présent dans les romans, voir Rogue tenir dans ses bras, morte, la femme qu’il a aimée est une merveilleuse trouvaille du scénariste et du réalisateur ! De même, l’entrepôt de bateaux est un décors beaucoup plus solennel que la Cabane Hurlante. Et voir Nagini frapper Rogue violemment à plusieurs reprises, plutôt que de l’étrangler, rend la scène beaucoup plus forte. Mention spéciale également à Daniel Radcliffe qui interprète de façon très juste et émouvante le Retour de la Forêt et sa lente marche vers la mort.

D’autre part, comme c’est le cas dans le livre, chaque personnage a droit à son moment de gloire, et quel moment ! Encore une fois, entendre McGonagall se réjouir de pouvoir lancer le sort « Piertotum Locomotor » et s’exclamer : « J’ai toujours voulu lancer ce sort  » est une perle du scénario absente des romans ! Il en va de même pour la confrontation entre Neville et Scabior et le rappel à l’ordre de Harry par Luna. Et ces rajouts n’empêchent pas de retrouver certaines des répliques cultes de Rowling, notamment le tant attendu « Ne touche pas à ma fille, pétasse  » de Mrs Weasley. Enfin, le baiser entre Ron et Hermione rend d’ailleurs tout aussi bien que dans le livre et c’est d’ailleurs le plus réussi de tous les baisers de la saga ! Les fans du couple ne regretteront sûrement pas les interactions entre ces deux personnages qui reconnaissent enfin, après plus de sept ans, leur amour l’un pour l’autre ! Chapeau bas aux deux acteurs qui ont très bien géré cette évolution au fil des années et qui sont très touchants dans ce dernier film.

Les Reliques de la Mort – Partie 2 conclut donc cette saga cinématographique de façon surprenante mais magnifique. Les acteurs, grands ou moins grands (on ne peut plus vraiment dire « petits » désormais !) livrent tous des performances magistrales ! Les scènes que nous attendons tous depuis quatre ans ne déçoivent pas. Ce dernier film de David Yates est donc une œuvre à part entière, mêlant action et émotion d’une façon presque aussi agile que Rowling, les effets spéciaux et la 3D (la plus réussie que l’on ait pu voir pour l’instant !) ne renforçant que la beauté de la photographie.

Comme l’a dit Daniel Radcliffe lors de l’avant-première mondiale, les films ne cherchent pas à remplacer les livres et n’y arriveront jamais car la plume de Rowling est sacrée et indépassable. En gardant cela en tête, nous devrions remercier toute l’équipe de Harry Potter et les Reliques de la Mort – Parties 1 et 2 car celles-ci ne constituent finalement qu’un seul et même film –, de nous avoir offert un final grandiose, émouvant et à la hauteur de nos attentes, qui rend hommage à l’intention de notre auteur préférée et à son plus grand message : le triomphe de l’amour et du courage sur les Forces du Mal et la tyrannie... L’épilogue nous laisse sur une image du trio plus âgé sous le célèbre thème d’Hedwige et le départ du Poudlard Express. La boucle est bouclée. Les nouvelles générations prendront le relais. Quelle image plus forte pouvait-on imaginer pour conclure cette aventure ?

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