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L’interview de J.K. Rowling est enfin sortie !

EW : Je suis sûre que l’on t’a déjà demandé ça un bon million de fois mais maintenant que l’écriture des livres est terminée, est-ce que tu as un nouveau point de vue quant à ce que tu as mis de ta personne dans le personnage d’Hermione ou quant à la relation que tu as, ou avais, avec elle ?

JKR : Je sais que beaucoup de lecteurs peuvent s’identifier à Hermione et pourtant, on ne trouve pas beaucoup de personnages comme elle au cinéma ou à la télé, du moins si l’on met de côté ceux dont on se moque. Ce que je veux dire, c’est que ces filles passionnées, douées, qui à certains égards ne savent pas vraiment qui elles sont, au final elles ne sont que rarement des héroïnes, et je voulais vraiment qu’Hermione en soit une dans mon livre. Elle est une partie de moi, je ne pense pas pour autant qu’elle soit complètement moi. Je crois que je l’ai écrite un un peu selon la façon dont les autres pouvaient me percevoir quand j’avais son âge, mais ce n’était pas vraiment qui j’étais au fond.

Ce que je peux dire, c’est que j’ai écrit la relation entre Hermione et Ron parce que c’était l’accomplissement d’un souhait en quelque sorte. C’est comme ça que ça s’est fait, vraiment. Ça avait peu de choses à voir avec la littérature et c’était encore moins dû au fait que je me cramponnais à mon histoire telle que je l’avais imaginée depuis le début, Hermione finissant avec Ron.

EW : Ah…

JKR : Je sais, je suis désolée ! Je peux entendre d’ici toute la colère des fans, mais si je suis parfaitement honnête, c’est le recul qui m’a permis de voir les choses de cette manière. C’était un choix que j’ai pris pour des raisons très personnelles, pas dans un souci de crédibilité. J’espère que je ne suis pas en train de briser le cœur des gens en disant cela ?

EW : Je ne sais pas. Je pense qu’il y a des fans qui le savaient déjà et se demandaient si Ron pourrait vraiment être en mesure de la rendre heureuse.

JKR : Oui, exactement.

EW : Et vice versa.

JKR : C’était une relation entre jeunes. Je crois que l’attraction entre eux était tout à fait possible mais ce côté pugnace dans leur relation… je ne suis pas certaine que l’on puisse passer au-dessus dans une relation d’adulte, il y avait trop d’incompatibilités fondamentales. J’ai de la peine à croire que nous sommes en train de dire tout cela… c’est une hérésie potterienne !

Dans une certaine mesure, Hermione et Harry vont mieux ensemble, et là je suis en train de vous dire quelque chose de très bizarre. Quand j’ai écrit les Reliques, j’ai vraiment senti cela de façon très forte quand Harry et Hermione sont ensemble sous la tente. Je n’en avais pas dit un mot à Steven Kloves et quand il a écrit le script du film, il a senti exactement la même chose sur ce même passage.

EW : C’est vraiment très intéressant parce que lorsque je jouais cette scène, j’ai dit à David [ndlr : Heyman, le producteur] « Ce n’est pas dans le livre ça, elle ne l’a pas écrit. » Je ne suis pas très à l’aise d’insinuer quelque chose d’aussi subtile que cela !

JKR : Oui, mais David et Steve… ils ont senti ce que je ressentais aussi en écrivant cela.

EW : C’est tellement bizarre.

JKR : D’ailleurs, j’ai bien aimé cette scène dans le film, parce qu’elle montrait quelque chose que je n’avais pas dit, mais que j’avais ressenti. J’ai vraiment aimé ce passage, et je pense qu’il est tout à fait bien pensé. Je pense que quiconque peut percevoir le fantôme de ce qui aurait pu se passer dans cette scène.

EW : C’est une scène particulièrement troublante. C’est plutôt amusant parce qu’elle divise totalement les gens. Ou bien elle a été vraiment aimée, ou bien elle a été particulièrement détestée.

JKR : Oui, c’est vrai, des gens l’ont vraiment particulièrement détestée. Mais cela se vérifie avec énormément des bonnes scènes des livres et des films. Elles mettent en jeu ces sentiments d’acceptation et de rejet. Je n’ai rien à redire sur cette scène, je l’ai aimée comme elle est.

EW : Je me rappelle que j’ai beaucoup aimé tourner ces scènes où il n’y avait aucun dialogue, où il faut essayer de rendre compte d’un moment particulier et d’un sentiment sans rien dire. Il n’y avait que Dan et moi qui essayions de faire passer quelque chose, spontanément, et c’était très sympa à faire.

JKR : Et vous avez visé juste, vous avez réussi parfaitement à capter ce mélange de maladresse et de sentiments sincères, car on sent que tout chancelle, que vous vous demandez « Qu’est-ce que l’on est en train de faire ? Allez, faisons-le quand même », ce qui était tout à fait ce que ces deux personnages pensaient à ce moment-là.

EW : Je pense que c’était juste cette sensation, ils avaient besoin d’être tous les deux à ce moment-là, d’être deux enfants, et se remonter le moral l’un l’autre.

JKR : C’est tout à fait ça, tu es dans le vrai. Cette scène dit quelque chose de très fort sur le personnage d’Hermione aussi. Elle était celle qui est toujours restée avec Harry, jusque dans ce dernier endroit, jusqu’à la toute fin de leur aventure. Ce n’est pas Ron, ce qui nous apprend aussi sur Ron. Il était blessé d’une certaine façon, dans sa propre estime, depuis le début de l’histoire. Il a toujours su qu’il n’avait pas droit à la première place, ensuite, il a fallu qu’il devienne ami avec le héros de l’histoire, et c’est une position extrêmement inconfortable, toujours être dans l’ombre. Ron a dû sortir de tout ça à un moment.

Mais Hermione a toujours été là pour Harry. Je me rappelle que tu m’avais envoyé un message après avoir lu les Reliques et avant de commencer le tournage, et me parlais de ça, parce que c’était devenu l’aventure d’Hermione, autant que celle de Harry à la fin.

EW : Je suis tout à fait d’accord ; le fait qu’ils étaient de véritables alter-ego et le fait qu’elle ait dû dire au revoir à sa propre famille a transformé leur voyage en un sacrifice de sa part à elle aussi.

JKR : Oui, son sacrifice était énorme, tout à fait. Un véritable acte de bravoure qu’elle a choisi de faire. Ce n’était pas un coup de tête dicté par ses émotions mais un choix délibéré.

EW : Exactement.

JKR : J’aime Hermione.

EW : Je l’aime également.

JKR : Oh, peut-être qu’elle et Ron iront ensemble avec un peu d’aide, tu sais. Je me demande ce qui ce passe dans une thérapie de couple sorcier… Ils s’en sortiraient probablement. Il faut qu’il travaille sur ses problèmes d’estime de lui, et elle doit faire un effort pour être un peu moins critique.

EW : Je trouve normal à mes yeux que Ron soit devenu ami avec le sorcier le plus célèbre de toute l’école, je crois que la vie nous met encore et encore devant nos plus grandes peurs, jusqu’à ce que l’on parvienne à les combattre. Mais ça se passe toujours ainsi.

JKR : C’est totalement vrai, c’est ce qui m’est arrivé dans ma propre vie. Nos problèmes finissent toujours par resurgir parce que nous sommes liés à eux et que l’on les place nous-même devant nous en permanence. C’est après tout à nous de choisir quoi faire, et parfois pour avancer il faut choisir de dire que l’on ne veut plus jamais ça. Je ne me confronterai plus à vous parce que vous n’êtes rien pour moi. Oui ! c’est vraiment ça, tu es très perspicace. Ron avait l’habitude de jouer le second rôle. Je pense que c’est un rôle plus confortable pour lui, mais bon, il faudrait qu’il soit son propre patron, non ?

EW : Oui et tant qu’il ne l’est pas, ses problèmes resteront irrésolus. Ce n’est pas fini pour lui. Alors peut-être que la vie l’a mis devant tout cela suffisamment de fois pour qu’il puisse faire un vrai choix et devenir l’homme dont Hermione a besoin.

JKR : Tout comme sa créatrice à Hermione d’ailleurs, elle a un vrai faible pour les garçons qui la font rire. Ces filles coincées, elles aiment qu’on les fasse rire.

EW : Elles aiment ça c’est sûr oui, elles ont besoin de ça.

Vous pouvez lire l’interview d’Emma et de l’auteur en version originale juste ici.

Vous trouverez également tous les photoshoots d’Emma Watson réalisés pour le magasine Wonderland dans nos galeries. 🙂

Portolien

J.K. Rowling

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