Poudlard.org
La magie continue...

>> A propos de cette publicité

> Accueil
> Actualite
> Poudlard
> MeetUp
> Infos HP


Commandez-le chez Amazon.fr


> Les films
> Interactif
> A propos









Steven Kloves (scénariste), histoire d’une controverse...

« Les films ne remplaceront jamais les livres. Ce n’est pas le but, mais cela pourrait être une sorte de d’hommage aux livres et une autre expression de ce monde » explique Kloves. Gros plan sur un scénariste très controversé mais que finalement, on connaît peu...

Steven Kloves est né à Austin au Texas en 1960, et a grandi à Sunnyvale, en Californie. Le jeune Steven « a toujours voulu écrire » alors qu’il était dans une région en pleine explosion de la technologie de haute pointe, milieu où travaillait son père. Au lycée, il écrit des nouvelles et collectionne les rejets de manuscrit qu’il envoie au New Yorker (magazine culturel). Après un bref passage à la célèbre université de Los Angeles UCLA, il entre en contact avec un agent artistique qui lui permet de faire circuler ses scénarios, et de se familiariser avec les studios.
Au début des années 80, un scénario de Kloves tombe entre les mains de la Paramount. La compagnie, séduite et marquée par le talent d’un si jeune homme -il n’a 21 ans à l’époque- propose de travailler sur le scénario de « Racing with the Moon », un film historique sur la seconde guerre mondiale, avec Sean Penn et Nicolas Cage. Il s’attelle ensuite à l’écriture et à la réalisation de Fabulous Baker Boys, The (1989) et de Flesh and Bone (1993). Michelle Pfeiffer fait un carton dans The Fabulous Baker Boys. Problème : les films sont un succès critique mais un désastre financier. Pour autant, Steve Kloves n’a pas pris le pli bankable [=être un professionnel qui fait gagner beaucoup d’argent à chaque fois qu’il produit quelque chose et donc est beaucoup suscité), il ne recherche pas le jackpot, juste les projets qui l’intéressent vraiment et travaille à son rythme.
Ce n’est qu’en 2000 qu’il se remet véritablement au travail, avec l’adaptation de Wonderboys, qui lui vaudra la reconnaissance critique générale : 11 nominations dans la catégorie Meilleur scénario dans divers festivals dont 4 récompenses ... et une nomination aux Oscar !
Qu’est-ce qui a poussé Warner Bros à engager ce scénariste peu connu pour un projet d’une telle envergure que Harry Potter ?
Comme beaucoup de personnes de l’équipe, Steve Kloves ne croyait pas au succès des films Harry Potter au début. A l’époque, il disait :“Personne n’est en train de prévoire que le film va rapporter beaucoup d’argent. C’est dangereux de travailler dans cet état d’esprit. Tout le monde est juste en train d’essayer de faire le meilleur film possible. (...) Warner Bros a pris quelqu’un sur qui personne n’avait jamais parié pour faire un carton au cinéma, c’est à dire moi, alors qu’ils auraient pu choisir un de ces gars qui n’écrit que des succès ».
Les Anglais raillent tout de même Warner Bros qui a choisi une équipe américaine pour monter le film. Le Times londonien va jusqu’à écrire que Kloves serait capable de mettre des pom-pom girls dans le film ! « C’était dingue ! » se souvient le scénariste.

De néophyte à fan inconditionnel :

Steves Kloves, père de deux enfants mais ne connaissant pas les livres de J.K.R à l’époque, découvre Harry Potter et tombe sous le charme. Tout de suite, ce qui l’intéresse, ce n’est pas l’intrigue mais les personnages de Harry, Ron et Hermione. “J’aime ces enfants comme s’ils étaient les miens” dit-il. A la première rencontre avec les producteurs exécutifs, il explique bien que ce qu’il écrira ne sera pas un film-vitrine (ie qui en met plein la vue) mais centré sur les personnages principaux sans quoi les fans seraient déçus.

Quelle est sa vision du livre ?

Il est particulièrement intéressé par Harry Potter, difficile à connaître, mais qui lui ressemble : « Il est très observateur. Il ne parle pas beaucoup, mais quand il le fait, c’est important. C’est peut-être la raison pour laquelle je m’identifie à lui, parce qu’en tant qu’écrivain, je suis aussi un observateur ».
“Je trouve les livres très humains, ils ne sont pas à fond ancrés dans la technologie d’aujourd’hui. Ces livres auraient pu être écrits il y a 50 ans. Il y a juste une brève référence dans le premier livre aux ordinateurs et à la caméra vidéo que Dudley jette, mais la plupart du temps, ils évoluent dans un monde atemporel, et je crois que ça fait partie du charme des livres. »

...pour quel résultat ?

Un critique du Chicago Tribunes expliqua lors de la sortie de PoA que si la plupart des fans n’ont jamais eu vraiment de problème avec les premières adaptations des livres, les gens ne connaissant pas les livres se trouvaient face à des films très longs, retranscrits de manière très littérale. Difficiles donc à appréhender et à apprécier pleinement.
Le scénariste Steve Kloves confirma cette impression et s’expliqua :
« Les adultes nous détestaient profondément, explique le scénariste Steve Kloves. Nous étions tellement fans des livres, Chris, en particulier ! Il aimait à tel point les livres qu’il voulait inclure toutes les choses possibles. Alors les films sont devenus très longs. J’ai toujours voulu les faire plus courts, mais Chris me demandait d’y remettre des trucs. Il voulait tout offrir à tout le monde. A partir de quand peut-on dire que trop, c’est trop ? »

Sa relation avec J.K.R

Le scénariste-réalisateur admire la capacité de l’auteur anglaise à plonger le lecteur dans un monde où elle est capable de tout :« Elle n’a pas froid aux yeux, et elle s’en fiche. ». Bien que Steven Kloves soit habitué aux contes et autres histoires magiques (il en lit énormément à ses enfants), il avoue à J.K.R qu’il n’est pas fan de fantasy. « Relax, lui répond l’auteur, moi non plus ».
Rowling est disponible pour n’importe quelle question, même d’une importance minime, disposée à lire un brouillon, une page, un bout de dialogue, affirme Kloves... faisant taire ceux qui affirment qu’elle n’a pas son mot à dire, laissant Kloves faire n’importe quoi.

Kloves, alias spoiler-man ?

“Quand j’ai écrit le script du premier film, j’y rajoutais quelques éléments que j’anticipais. C’était drôle parce qu’un jour, j’avais ajouté une référence au personnage de Sirius Black et elle a dit : « c’est génial, mais tu ne peux pas faire ça parce qu’un événement du tome 5 va le rendre impossible ».
Le scénariste, grand fan, a souvent essayé de faire avouer à J.K.R ce qu’elle prévoit pour les prochains tomes. Mais même après avoir passé des heures et des heures au téléphone, il n’a jamais réussi à lui arracher la moindre petite info. Cependant, l’auteur a été très surprise -effrayée même- de voir les petits indices disséminés dans PoA pour les tomes 6 et 7.
Voir l’analyse à ce sujet sur La Pensine

Le changement de cap décisif avec Alfonso Cuaron

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ? D’après les porte-paroles de Warner, parce qu’ils avaient produit « La petite princesse » et que le réalisateur avait exploré le thème de l’adolescence dans « Y tu mama tambien », qui correspondait à PoA. Explication plus directe de Cuaron et sans détour : « j’étais pas cher ».
Alfonso Cuaron, l’homme de toutes les polémiques... A-t-il corrompu le travail fidèle au livre de Steve Kloves ? STOP ! je vous arrête tout de suite.
Lui a commencé à s’intéresser à Harry Potter en lisant le script de Kloves, puis en lisant avidement les livres. Donc, c’est encore un réalisateur fan. Qu’est-ce qui le différencie de Columbus alors ?
“Alfonso nous a libéré du texte » dit Kloves. « C’est vraiment une prise agressive sur le matériau du livre, qui demande plus du public. Nous posons des questions et au lieu d’y répondre immédiatement, on prend 20 ou 30 minutes avant de le faire. Il faut faire attention. » Cuaron explique clairement : “Tout le travail portait sur l’élimination des redondances. Nous avons décidé d’être précis sur notre thème et de couper tout ce qui ne suivait pas cette direction ».
Qu’est-ce que ça veut dire en gros ?

  • Que Cuaron est un pragmatique. Il aime les livres et souhaite les respecter. Mais la fidélité, ce n’est pas forcément retranscrire exactement à l’écran ce qui est écrit dans le livre. Le réalisateur n’est pas intéressé par cela : il veut un film clair, précis, à la ligne directrice bien tracée de manière à développer amplement ses thèmes :l’adolescence, les relations entre les personnages qui évoluent.... Donc cela nécessite la coupe de certains passages que certains aimaient parce qu’ils les trouvaient attachants (par ex., les nombreuses disputes entre Croûtard et Pattenrond) ;
  • Cuaron a un imaginaire hyper-développé, une sensibilité aux métaphores et aux thèmes universels soulevés par J.K.R (cf interview de Rolling Stone), beaucoup plus présents.
    Harry Potter n’est plus seulement un film fantasy comme le décrivait amoureusement Columbus. Par les yeux de Cuaron, le film devient beaucoup plus fort, riche en significations symboliques.. Peut-être est-ce pour cela qu’il délaisse l’ambiance scolaire de Poudlard que nous regrettons tant. Mais je ne vais pas cracher non plus sur sa décision, parce que cela rend le film plus profond et obscur.
    Harry Potter a permis de faire un film fidèle à l’œuvre de J.K.R sans y être « servilement » dévoué. Bouffée d’air frais pour les Potter-néophytes (et non pas incompréhension comme beaucoup l’affirment !)

Cuaron a-t-il « décollé » Kloves du livre au point de le lui faire délaisser les œuvres de J.K.R ? Va-t-on totalement tomber dans l’infidélité la plus totale ?

Point du tout. Les propos du scénariste sont rassurants : « Je suis tellement plongé dans ce monde que si dans une fête quelqu’un me pose une question à propos de Harry Potter, j’en parle pendant 12 minutes pendant que les autres écarquillent les yeux et me lancent un truc du genre « Wow, tu es vraiment à fond dedans ».

Faut-il s’inquiéter pour la Coupe de Feu ?

Wow, wow, du calme... Vous avez peut-être été déçu sur le premier coup en voyant PoA... mais avez-vous relativisé ? Essayé de comprendre pourquoi le réalisateur avait choisi de faire un tel changement ? Emis l’hypothèse que peut-être qu’il n’avait pas eu le choix dans certaines choses ?

>>> voir la synthèse sur l’adaptation. [en préparation]

Beaucoup s’interrogent sur les raisons du scénariste et de Warner Bros pour ne pas avoir coupé le film en deux. La voici : « C’est un livre de 734 pages. Nous avons toujours pensé que cela se ferait en deux films, mais nous n’avons jamais réussi à trouver un moyen de le diviser en deux. Alors ce sera une expérience différente du livre ». Newell pense qu’il sera capable de couper assez d’intrigues secondaires et de redondances pour faire un film convenable (le film a pour lui tout de l’intrigue d’un thriller psychologique paranoïaque, il serait donc embarrassant de le diviser en deux...).