Si vous pouviez être un personnage de l’histoire, qui choisiriez-vous et pourquoi ?
N’importe qui dans l’histoire ?
Oui.
Mince alors ! Vous voyez, les personnes que j’admire le plus, comme Jane Austen, n’ont pas eu des vies particulièrement heureuses je pense, alors je n’aimerais pas vraiment vivre leur vie. Alors on peut choisir la facilité et prendre quelqu’un comme Henri VIII qui ne vivait que pour son plaisir, mais je n’en voudrais pas non plus.
Pour tout vous dire, je suis très heureuse, et je ne vois vraiment pas qui je pourrais vouloir être pour l’instant.
Je me demandais quel serait le meilleur conseil que vous puissiez donner à un aspirant écrivain ?
Lisez autant que vous pouvez, je pense qu’il n’y a rien de plus important parce que ça vous permettra de vous rendre compte de ce qui fait une bonne écriture pour vous, ce qui sera bien sûr très subjectif. Vous allez forcément passer par un stade où vous imiterez vos auteurs préférés et je pense que c’est un bon procédé pour apprendre. Après ça, il vous faut simplement accepter l’idée que ça demande énormément de persévérance et qu’il faut le mériter... Il y aura certainement 90% de votre travail que vous n’aimerez pas, et un jour vous écrirez une simple page que vous adorerez et vous construirez tout dessus.
Y a-t-il quelqu’un en particulier, un auteur ou quelqu’un que vous avez connu dans votre enfance qui a influencé votre talent pour l’écriture de livres pour enfants ?
Un autre écrivain vous voulez dire ?
Oui.
Je ne pense pas qu’il n’y ait qu’un seul auteur. J’ai dit auparavant qu’il y avait un auteur appelée Elizabeth Goodge qui a écrit « The Little White Horse ». Elle décrit le détail exact de ce que chacun mange. Ca doit être pour ça que les fêtes à Poudlard sont aussi détaillées. Je pense que je sais ce que mes personnages mangent, mais je ne sais pas ce que ça révèle à mon propos. Je ne trouve personne qui m’ait directement influencé, en dehors de ça, désolée.
Y a-t-il quoi que ce soit que vous avez écrit dans un des cinq premiers tomes que vous voudriez changer pour l’intrigue du Prince de Sang-Mêlé ?
J’écris depuis environ quinze ans, donc j’ai eu largement le temps de travailler l’intrigue et la narration, donc je pense que je ne changerais rien.
Quel était votre livre préféré étant enfant ?
Mon livre préféré, j’en ai eu beaucoup. Il y en a tellement. Un livre que j’ai particulièrement apprécié et que ma fille aime beaucoup, « Manx Mouse », de Paul Gallico, un livre pour les plus jeunes enfants. Je pense toujours que c’est un très bon livre, très intriguant. Jetez-y un œil si vous cherchez quelque chose d’un peu différent.
Les films répondent-ils à vos attentes ?
Oui, tout à fait. Enfin, évidemment qu’il y a des choses qui diffèrent du livre, mais c’est parce que si vous traduisiez chaque ligne en scène, ça donnerait un film d’environ 24 heures à chaque fois, donc il faut parfois changer légèrement les choses. Mais j’y trouve tout à fait mon compte.
J’ai déjà évoqué le fait de marcher dans la grande salle, j’ai travaillé avec Chris Columbus, le réalisateur des deux premiers films, et il m’a posé beaucoup de questions pour savoir à quoi les choses devaient ressembler, et j’ai vraiment aimé marcher le long de mon propre esprit, c’est une expérience vraiment spéciale.
Mes personnages préférés sont Fred et George parce que je les trouve très drôles et j’adore leurs inventions ; mes préférées sont les oreilles à rallonge. Quelle farce pour sorcier facétieux qu’on trouve dans leur boutique préférez-vous, et pourquoi ?
Dans la boutique, et bien ma préférée est le « day dream charm » (pas encore de traduction officielle, ndlr), vous savez, quand vous vous plongez dans un rêve éveillé pour échapper à vos cours, ce que je fait très facilement sans magie, et je pense que c’est la même chose pour beaucoup d’entre vous, il se trouve qu’ils ont réussi à mettre un rêve que vous pouvez sortir pendant un cours ennuyeux dans une boîte. C’est celle que j’aime le mieux.
Les parents de Harry sont morts, mais ce dernier a pu être réconforté en les voyant dans le miroir du Risèd. Maintenant que Sirius est mort et qu’il n’y a aucune chance de le revoir, les livres deviennent-ils plus sombres et plus proches de la réalité ?
Et bien, dans un sens oui, je pense qu’ils reflètent la vraie vie puisque Harry grandit et qu’il comprend mieux ce qu’est la perte de quelqu’un de cher, les plus jeunes sont parfois anesthésiés en quelque sorte, non que ça ne soit très douloureux mais ils reçoivent beaucoup de soutien grâce à leur jeune âge. Harry est maintenant totalement isolé.
Ayant dit cela, je suis parfois surprise que les gens me disent que les livres deviennent plus noirs parce que L’Ecole des Sorciers commence quand même avec un double meurtre et il y a une imagerie assez rude et sinistre avec l’arrière de la tête de Quirrell, et je pense que c’est vraiment la chose la plus effrayante que j’ai écrite, je ne pense pas que le premier tome soit dépourvu de noirceur.
Pourquoi a-t-il fallu que vous tuiez Sirius, alors que c’était la meilleure chose qui soit arrivée à Harry ?
On repart dans l’idée que je suis une meurtrière, c’est ça ? On m’a souvent posé cette question, et je n’ai pas arrêté de dire que Sirius était mon personnage préféré, alors pourquoi devait-il mourir ? Vous imaginez à quel point ça me rend triste, et en fait je suis allée sur Internet juste après l’avoir tué, et j’ai découvert que quelqu’un avait fait un site de fan qui lui était dédiée, et je l’avais tué il y avait moins de 48 heures. Je me suis sentie vraiment mal.
Je pense que vous comprendrez pourquoi il devait s’en aller pour l’intrigue quand vous aurez lu le septième tome. Ce n’était pas arbitraire, bien qu’une partie de la réponse soit celle que j’ai donnée précédemment. Je pense qu’il est plus satisfaisant pour le lecteur d’avoir un héros qui se débrouille tout seul qu’un héros qui reçoit trop de soutien car cela rendrait sa tâche trop simple, désolée.
Quand vous êtes en train d’écrire Harry Potter, combien de fois cela vous arrive-t-il d’être mené dans un sens inattendu ?
Cela m’est arrivé. Cela arrivait plus souvent dans les premiers tomes que maintenant parce que ces derniers temps l’étau se resserre de plus en plus. Cela fait tellement longtemps que je planifie mes livres que je n’ai plus vraiment moyen de m’écarter de l’intrigue prévue, et quand j’aurais atteint le tome 7 je n’aurais aucune marge de liberté parce que je sais exactement ce que j’ai à faire et où je vais, et je vais le faire. Mais au début les choses déviaient un peu et parfois des personnages se modifiaient dans un sens imprévu, et parfois la meilleure chose à faire est de mettre des passages de côté et continuer. Hermione a beaucoup été soumise à cela.
Interview complète : Questions 1 à 10 - 11 à 20 - 21 à 30 - 31 à 40 - 41 à 50 - 50 à la fin
