Harry est toujours un sorcier, bien sûr. Il étudie toujours à Poudlard, et Ron et Hermione sont toujours ses meilleurs amis. Il continue aussi à porter ces lunettes idiotes. Mais les enfants se sont affinés, leurs coupes de cheuveux sont plus cools, et ils passent plus de temps en jeans et baskets qu’en robes de sorciers.
Avant de commencer le tournage, Alfonso demanda à chacun des trois protagonistes de lui écrire un essai à propos de leurs personnages respectifs, puis d’eux même.
« Les enfants ont été très courageux », déclare-t-il, « Ils se sont mis à nu et furent très éloquents, à tel point que je me suis demandé si je n’allais pas les faire publier, mais finalement je me suis dit que se serait une mauvaise idée, je leur avais promis que ce ne serait que pour le travail autour du film. »

Ensuite, ils ont eu des discussions à propos de « ce que ça faisait d’avoir 13 ans », confie Cuaron, « et à quel point c’est différent d’avoir 11 ou 12 ans. C’est un âge charnière, on change beaucoup. On a envie de changer sa façon de s’habiller, son look, sa façon de parler... »
Dans TPoA, c’est un Harry caractériel qui est obligé de relever des défis bien pires que lorsqu’il avait 11 ou 12 ans. Ce sera un film plus sombre, tant visuellement que moralement. Et avec Cuaron comme nouveau réalisateur, il se concentrera autant sur les personnages que sur les effets spéciaux. Cette fois-ci, les démons de Harry se trouvent aussi bien à l’extérieur, qu’au plus profond de lui-même.
Alors que Harry et ses amis retournent à Poudlard pour leur troisième année d’études, ils se retrouvent plongés au coeur d’un mystère qui plane autour d’un célèbre détenu évadé de la prison d’Azkaban, représentant une menace toute particulière pour Harry. Notre héro devra aussi affronter ses peurs les plus profondes ; la mort, le désespoir, face aux détraqueurs, et des signes qui lui prédisent sa propre mort...

« C’est vraiment mon livre préféré », annonce Daniel Radcliffe, 14 ans, qui joue le rôle de Harry, « Il est très étrange parce qu’il réinvente presque le personnage, il est plus hostile. On parle beaucoup de diverses formes d’agressions, ce qui arrive souvent à des jeunes de 13 ans. »
Les hormones changent quand on devient adolescent, ce qui se voit très bien à l’écran. Il y a eu aussi beaucoup d’échanges entre les jeunes acteurs sur le plateau. Il y a plus de problèmes à cause de la foule et des crises de nerfs. Emma à même interrompu une interview pour aller discuter d’un garçon qu’elle trouvait mignon avec un membre du tournage.
Quand Hermionne prend la main de Ron dans une scène, elle fait une grimace tout à fait typique d’une gamine de 13 ans. La scène a été appelée « une étreinte embarrassante, mais nécéssaire avec Ron (Ruppert Grint) ». On a là une espèce de relation d’amour/haine.
Pour les filmophiles, c’est une relation amour/amour entre Harry et ses amis. L’atmosphère du film va servir a tester la passion, du moins pour les fans les plus jeunes.

Le voyage de Hary dans ce troisième film commence par une annonce terrifiante : Sirius Black (Gary Oldman), un prisonnier supposé avoir tué les parents de Harry, s’est échappé d’Azkaban et réserve un sort tout aussi tragique à Harry. « Ca le secoue vraiment, en tant qu’individu » commente Radcliffe.
Harry est constemment en train de regarder par dessus son épaule dans la peur de Black et des détraqueurs, qui aspirent la joie de vivre de quiquonque à proximité. Ils sont postés à l’entrée de Poudlard pour protéger Harry et les autres élèves d’une éventuelle visite de Black. J.K.R appelle les détraqueurs la manifestation physique de la dépression.
« Les premiers films étaient plutôt dans un registre action/aventures, avec de grandes quêtes », affirme Stuart Craig, le responsable de production qui a travaillé sur les trois films, « ce film se concentre plutôt sur leurs peurs les plus profondes. »
D’après Cuaron, « Harry a toujours été une sorte d’outsider, mais maintenant il réalise d’où vient sont malheur. Il accepte enfin qui il est. »

Harry avait déjà des dons naturels pour la magie, mais pour lui plus que pour qui que se soit, l’adolescence va être un moment difficile.
« Maintenant il est plus habitué au monde magique. Voir un poulpe géant dans un lac et autres manifestations surnaturelles ne le surprennent plus autant », explique Daniel Radcliffe, « alors qu’il était très surpris au début, il devient plus serein. Il commence à se sentir plus à l’aise vis à vis des cours, mais reste cepandant un peu paranoïaque en se qui concerne l’attitude qu’ont les autres par rapport à lui. »
Cuaron a plus récemment réalisé « Y tu Mama también », en espagnol, au sujet de deux adolescents et de leurs aventures sexuelles au cours d’une virée vers Mexico. Il voit Harry comme une sorte de cousins éloigné, plus jeune, de la situation des deux jeunes protagonistes.
« Evidemment les tons des films sont complètement différents », ajoute Cuaron, « Y tu mama est vraiment une observation réaliste et sociale. Ici il s’agit d’un monde magique, de l’immaginaire. Mais émotionellement parlant, c’est exactement la même chose. C’est le voyage initiatique d’un personnage à la recherche de son identité et qui s’accepte tel qu’il est. Sortir de l’ombre de son père, par exemple, est l’un de ses buts. De plus, en tant qu’adolescents dans un monde magique, ils vivent avec d’autant plus d’intensité cette période dite ingrate. »
« Les hormones s’exitent, ainsi que leur colère vis à vis de certaines choses », poursuit Cuaron, « et au lieu de les réprimer, ils les laissent sortir au grand jour. Non pour les encourager, mais pour les laisser suivre leur cours... Je ne voulais pas d’émotions de pacotille, quelque chose qu’ils auraient recherché. Je ne les voulais pas justes, je les voulais vrais. »
Mais le réalisateur de naissance méxicaine à aussi apporté sa touche personelle et culturelle au film. « Dans son coeur et dans son âme, il a un sens magique de l’émerveillement », déclare le réalisateur David Heyman, « Il y a un esprit latino ici, un réalisme quasi-magique. C’est un peu invraisemblable, mais tellement attirant ! »

La lumière, ou d’ailleurs son absence, va jouer un rôle essentiel dans ce film. Cuaron a beaucoup joué avec les éclairages, les couleurs et les musiques. Il a ausi plus joué sur les prises de vues, affirme Michael Seresin, directeur-photo, « C’est une histoire plus dramatique, donc les éclairages sont plus dramatiques, il y a de grands contrastes, plus d’ombres. C’est vraiment un film différents des autres. »
« Il y a aussi beaucoup plus de détails dans le monde magique », ajoute Craig, « tous les étranges animaux qui vivent dans la cabane de Hagrid, par exemple, il y a énormément de détails. La hute a elle-même changé, il y a deux pièces, un ours en peluche sur le lit, des pots suspendus pour la décoration, des peaux et fourrures, et un mobilier qui fait ressortir le caractère gigantesque du personnage. »
Il y a aussi de nouveaux personnages, Sirius Black, Le professeur Lupin, et l’illuminée Profeseur Trelawney. Une visite à Pré au Lard révèle aussi le style victorien de l’endroit, et au magasin préféré des élèves, Alfonso a aussi rajouté des sucettes et clusters à la noix de coco, typiques de son pays natal. Mais il n’y a aucun danger que l’un des personnages soit changé en bonbon cette fois.
La studieuse Hermione s’éloigne un peu plus de ses livres dans ce film. « C’est vraiment un film représentatif du pouvoir des filles, Hermione aide Harry à de maintes reprises » commente Heyman. « Elle colle une bonne correction à l’horrible Malfoy, après que celui-ci l’ait insultée à cause de ascendance moldue, et pour avoir failli causer la mort d’un hippogriffe inoffensif. D’ailleurs, après avoir giflé Malfoy elle s’écrie »Ca fait du bien !« »Cétait très marrant« , confie Emma Watson, »on a fait deux ou trois prises, et moi j’en réclamais encore !"
Traduction d’un article de USA Today par Fawkes pour Poudlard.org
