Il circule un murmure à Poudlard, selon lequel le poste le plus convoité des professeurs (celui de défense contre les forces du mal) doit être maudit puisque chaque année, le poste est occupé par un nouveau personnage. Et pour presque tous les films Harry Potter, il en va de même. Il y a en effet eu presque autant de réalisateurs que de films. « Nous ne les tuons cependant pas, nous » plaisante Daniel Radcliffe, qui joue le rôle de Harry, « C’est important de le préciser ».
[...]Après la merveilleuse rêverie de Chris Colombus, la crudité et le naturel d’Alfonso Cuaron et après le sens accru du thriller de Mike Newell, [...] nous avons demandé à quelques réalisateurs de rêver, d’imaginer un instant quelle serait leur touche personnelle en matière de magie. Voici ce qu’ils en disent :
James Mangold (Identity, Walk The Line) : Mettre le pied dans ce genre de film, c’est se contenter de choix déjà faits. Moi j’aime construire entièrement le monde dans lequel évoluera mon film. Donc si je devais réaliser ces films, ce devrait être le premier, pendant que je pourrais encore avoir une chance de mettre en place les choses mais le tout en mouvement.
Chris Stokes (Street Dancers) :
J’en ferais des films plus effrayants, un peu comme les films Jurassic Park.
Josh Stolberg (scénariste de la série Sabrina et d’Avatar et réalisateur) : On a déjà eu ce genre de questions avec Mission Impossible alors que chacun avait un regard différent sur l’adaptation du film et je trouve cela génial. C’est le problème avec les suites et les réadaptations. Elles ont du mal à satisfaire le public lorsqu’il commence à se faire plus vieux et qu’il dit « J’ai déjà vu ça avant ». Mais ces films les atteignent d’un point de vue complètement unique et je trouve ça excitant. Je les aurais rendus plus adultes. J’aurais voulu qu’ils prennent du plaisir, qu’ils se détendent un peu.
James Wong (Willard, Destination Finale 3) : Harry Potter sera toujours Harry Potter, peu importe qui s’en charge. Même si mes films sont un peu plus basés sur le graphisme, je n’aurais sûrement pas mis autant de morts que ça. Ce peut-être vraiment effrayant sans être gore ou montrer une effusion de sang. Si quelqu’un doit mourir [dans le 7e tome], ce doit être un personnage auquel nous nous sommes attachés, avec lequel nous avons grandi pour rendre la mort plus significative. Alors je ne pense pas que l’histoire de Harry Potter puisse se terminer sans Harry donc moi je tuerais Hermione parce que personne ne s’y attend. Normalement, vous voudriez que ce soit rapide et soudain, du coup les gens sautent hors de leur siège, mais avec Hermione, j’insisterais plus. Un tel coup de théâtre est trompeur, parce que dans le monde de Harry Potter c’est de la magie en folie, vous pouvez tuer Hermione et la faire revenir ! (ce qui est faux, ndlr)
Sam Mendes (Les sentiers de la perdition, Jarhead) : La pression autour de ces livres est si énorme, vous savez ? Suivre les traces d’un autre qui a déjà lancé son propre concept visuel ne laisse pas une grande liberté pour exprimer sa propre vision des choses. Du coup, est-ce que j’y réfléchirais ? Pas vraiment.
Jared Hess (Super Nacho, Napoleon dynamite) : Ce serait amusant de voir Harry Potter adulte, l’homme Potter. Il semble de toute façon que l’acteur (Daniel Radcliffe, ndlr) franchisse de nouvelles étapes dans la puberté à ce que j’ai pu en voir dans les trailers.
Samuel Bayer (11’09’01 : September 11) : Je mettrais les enfants dans une capsule temporelle et je les gèlerais pour qu’ils ne grandissent pas.
Garth Jennings (H2G2 : le guide du voyageur galactique) : Je ne suis pas un grand fan des tournages avec comme fond un écran bleu, j’essaierais donc d’en faire le plus possible directement devant la caméra. Bien-sûr ce serait assez difficile de reproduire en vrai le souffle de feu d’un dragon mais j’essaierais. Et j’essaierais aussi de ne pas m’inquiéter du côté sombre que cette série implique. Les livres, et particulièrement le quatrième, sont des bijoux de noirceur. C’est comme si les films installaient cette noirceur en crescendo, ils sont de plus en plus sombres, alors peut-être que le dernier sera exclusivement destiné aux adultes.
Dave McKean (MirrorMask) : Je ne comprends toujours pas pourquoi personne n’a réalisé que les lettres « H.P » dans H.P. Lovecraft sont en réalité les initiales de Harry Potter Lovecraft ! (Howard Phillips Lovecraft est un écrivain fantastique américain de la fin XIXe, début XXe siècle)[...]Je vote donc pour que les ratings imposent une limite d’âge plus élevée d’autant que Harry grandit aussi. Ainsi, lorsqu’il aurait 18 ans, je laisserais son énergie libidinale (énergie sexuelle liée au psychique sur laquelle Freud a basé la plupart de ses théories) qui bouillonne en lui derrière les fenêtres prismatiques qu’il porte devant ses yeux VOMIR hors de lui dans les écluses de Poudlard. Cette cicatrice qu’il porte à la tête, s’ouvrirait et toute la bile, tout le dépit qui s’agitait en lui derrière ces pages sans fin racontant la vie d’un magicien bien gentil et de ses gentils petits sorts POUSSES en avant, comme Cthulhu (c’est un clin d’oeil à HP Lovecraft et à sa nouvelle : l’Appel de Cthulhu)dans un engorgement extatique [...] ou pas...
Gregg Araki (The Living end, Mysterious skin) : Harry qui ?
