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Emma Watson à Oxford

« Je suis une fille normale et je suis allée dans une école normale » commence Emma Watson.
Devant les élèves les plus studieux de Grande-Bretagne, Emma Watson oriente son discours sur sa carrière d’actrice, et reprend depuis le début : c’est une fille de 16 ans à qui il est arrivé quelque chose de particulier. Emma raconte que son grand rêve, étant jeune, était d’être actrice : quelle opportunité pouvait-elle avoir de mieux que jouer dans des films parmi les plus importants de tous les temps ?
Elle raconte à nouveau l’histoire si souvent répétée de son casting : comment un mardi midi, les directeurs de casting pour les films Harry Potter sont venus dans son école et ont demandé une sélection d’environ 15 jeunes filles pour le rôle d’Hermione. « Je n’avais jamais voulu autant quelque chose de toute ma vie  » dit-elle ; elle a attendu « des mois et des mois » le verdict. Quand elle a appris la nouvelle, elle a crié de joie.
« Environ 35 000 personnes ont été employées pour faire Harry Potter », explique-elle : pas étonnant que son premier jour sur le plateau ait été plutôt intimidant. Sa mascotte était alors son hamster, Milly, qu’elle décrit comme son « confident » quand les temps étaient difficiles - 4 heures et demie de tournage par jour (la durée de travail légale maximum pour les mineurs) qui donnent seulement 2 minutes à l’écran au final sont suffisants pour qu’une petite jeune fille cherche un peu de réconfort auprès d’une boule de poile.
« J’étais si fatiguée, mais ça n’a jamais été un problème... j’étais si enthousiaste ! » dit-elle.

Watson donnerait tout pour pouvoir passer aux 22 heures et demie de tournage permises (plus 15 heures de cours par semaine). Alors que les garçons prenaient 10 cm par film, Emma, elle, perdait ses dents et devait voir des dentistes qui lui en mettaient des fausses pour la continuité des films.
Pour Emma, être actrice, c’est une question de confiance. Contrairement à son personnage, Emma a mis trois ans à mettre de côté son orgueil et à devenir Hermione. Alors qu’elle était d’abord gênée par sa robe chasuble dont elle avait peur qu’elle lui attire des moqueries, elle a finalement appris à être naturelle et à entrer dans le rôle. Emma adore apprendre, et elle aime à le répéter pendant son discours.
Elle identifie les différents réalisateurs par ce qu’ils lui ont inculqué : « Alphonso Cuaron m’a appris la beauté », Mike Newell que «  jouer pour jouer, ce n’est pas suffisant  », et David Yates lui a appris à «  trouver la vérité ». Après cinq films et beaucoup de grands réalisateurs et acteurs autour d’elle comme source d’inspiration, elle commence à maîtriser la situation, dit-elle.
Puis elle parle de la réalité du jeu d’acteur, des éléments techniques qu’on voit si rarement dans le produit final : « Le blue screen, c’est vraiment difficile, peut-être parce que c’est déprimant d’être entourée de bleu tout le temps . »
Elle trouve les plateaux plus intéressants : les hippo gloutons étaient derrière les peintures magiques sur les murs, des centaines de bonbons différents alignés sur les étagères d’Honeyduke, et ils étaient tous comestibles. Personne ne sait combien de baguettes Ollivander avait, mais dans le film, il y a dix-sept mille baguettes différentes [ndlr : traduction de « seventeen thousand »... ça me semble un peu énorme. Si quelqu’un a une remarque à faire à ce sujet...] et un total de onze mille livres ont été réalisés par l’équipe des accessoiristes, pour divers usages.

Warner Bros a dépensé une « fortune  » pour la promotion, explique Watson. Harry Potter est un « phénomène mondial » ; elle s’est donc demandé : « y a-t-il une échappatoire possible ? »

Elle estime avoir fait 300 interviews en moyenne par film. « Les gens croient d’un coup que je leur appartiens. » dit-elle. Mais il n’y a pas d’amertume dans sa voix - elle n’est pas d’accord avec ce fait, mais semble comprendre que cela fait partie du métier de comédienne -tout comme les attentions disproportionnées des médias concernant son apparence physique et son poids, ainsi que la tendance des gens à l’appeler Hermione.
« Est-ce que j’ai peur d’être cataloguée ? Est-ce que j’ai peur de la fin d’Harry Potter ? La réponse est oui », avoue-t-elle.
Elle a passé six ans à jouer Hermione : « ce n’est pas un rêve qui devient réalité, mais un métier », et ce métier c’est comme les montagnes russes. Il y a les rires, mais aussi le stress. Parfois, c’est comme si une scène de plus pouvait la faire « exploser ».
Avant de terminer son discours, Emma parle d’Evanna Lynch, qui joue Luna Lovegood. « [depuis qu’elle est là], j’ai vraiment appris l’humilité. ».

Puis s’ensuit une séance habituelle de questions-réponses : quand on lui demande ce qu’elle a dû apprendre du personnage lors du premier tournage, Emma raconte avec beaucoup d’emphase qu’elle « adorait » déjà les livres avant d’être choisie pour le rôle. Avant le tournage, elle a rencontré J.K. Rowling et voulait être la Hermione de Rowling, et pas une autre version. Mais elle ne fait rien de spécial pour entrer dans le personnage : « en fait je suis très proche du personnage, donc c’est très facile. Vraiment, j’ai du pot.  ».
Hermione représente un modèle pour elle. Comme elle, Emma se concentre beaucoup sur ses études. Mais arrivée au niveau du brevet, elle a dû beaucoup réfléchir quand on lui a proposé de reprendre son rôle une cinquième fois. Elle a eu une discussion avec Yates, où elle lui a expliqué à quel point les études étaient importantes pour elle. Mais les réalisateurs « s’inquiètent pour [elle] » et « veillent sur [elle] », donc ils lui ont laissé du temps libre pour passer ses examens au début de l’Ordre du Phénix.
Will Robertson lui demande si elle a l’impression d’avoir influencé le personnage dans les livres. Emma répond qu’elle sait qu’Hermione est basée sur Rowling elle-même, mais qu’il serait toutefois flatteur qu’elle l’ait influencée. Watson en profite pour ajouter que si c’était elle qui avait écrit les livres, elle n’aurait pas supporté l’idée de les voir adaptés en films. « je n’arrive pas à croire que Rowling nous soutienne autant sur les films... c’est impressionnant. ».
Quand on lui demande quel aspect d’Harry Potter elle aimerait voir en vrai, elle se réfère à ce que reçoit Hermione en troisième année : un Retourneur de Temps. Pas pour le même but que Miss Granger : à la place, Emma explique que cela serait plutôt utile quand on s’est mal exprimé - on pourrait revenir en arrière et modifier ses paroles. Mais ce serait « une grande responsabilité. ». La personne suivante demande comment le tournage du Bal de Noël s’est passé pour elle : c’était un “moment probant de féminité. Porter cette sacrée robe à 20 000 livres, qui était taillée sur mesure, avec tous ces gens à me pousser du coude, à me faire signe... »

Ajoutez à cela la pression d’avoir des talons et un réalisateur proposant mille manières de descendre un escalier. Emma avoue que lors de la deuxième prise, elle s’est cassée la figure. Elle était « totalement mortifiée ».
Emma avait-elle des rêves auparavant ? Elle explique que quand elle était plus jeune, elle écrivait de la poésie. Elle adore l’anglais et a toujours voulu être une artiste.
Quand on lui demande quel est le moment le plus magique qu’elle ait vécu sur les tournages, elle répond que beaucoup de plateaux étaient stupéfiants, mais que le plus impressionnant, c’était la Grande Salle, illuminé pour la première fois. Dans le dernier film, ce qui était magique ce n’était pas les plateaux mais les acteurs et les actrices. Luna Lovegood a dit qu’elle se sentait « avec ses amis » pendant les scènes de l’A.D, et pour Emma, la première scène tournée avec toute l’équipe de l’A.D était « vraiment cool » - un moment vraiment magique.

Concernant son avenir, Emma Watson a toujours voulu à la fois aller à l’école et jouer la comédie, et c’est ainsi qu’elle conçoit son avenir. Elle veut aller à l’université, d’autant plus que le milieu du cinéma est très instable. Elle veut voir autre chose, apprendre ce que c’est d’être autonome, de vivre avec des amis, loin de ses parents. D’ailleurs, on lui demande ce que ses parents -qui sont assis non loin de leur fille -pensent. Tous deux sont allés à Oxford et sont assez intelligents pour estimer ce qui est le meilleur pour leur fille. « Tout mon argent est verrouillé » répond-elle, et elle est plus heureuse comme cela. Elle n’aime pas vraiment qu’on lui parle d’argent, mais précise quand même qu’elle a de l’argent de poche qui lui permet de vivre comme une jeune fille normale.
Sera-t-elle à l’aise dans un futur de comédienne où elle ne jouera plus Hermione ? « C’est un peu intimidant, comme idée  » : elle espère qu’elle « aura assez de talent pour mettre de côté ses appréhensions quand elle touchera à quelque chose de différent ». Peut-être au théâtre ou en jouant simplement « une grande blonde avec un brushing ».
L’audience rit et applaudit, puis Watson est escortée dehors.

Reportage de Lorie, de TLC, traduit par Marla pour Poudlard.org