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Critique de la bande originale de Harry Potter et la Coupe de Feu

Après trois partitions composées par le très talentueux John Williams (Auteur des musiques de Star Wars, Indiana Jones, La guerre des mondes et bien d’autres...), Harry Potter s’offre un nouveau compositeur. C’est donc Patrick Doyle qui succède à Williams, compositeur anglais qui travailla notamment sur Le Journal de Bridget Jones. Une bonne surprise au vu de la lourde tâche qui lui est incombée...

C’était une grosse angoisse et une grosse déception qui s’était emparées de nous après l’annonce du remplacement de John Williams par cet inconnu dans le monde de la composition (mais tout de même auteur de superbes thèmes dans Man to Man). Petit retour en arrière. En 2001, lors de la sortie de Harry Potter à l’école des sorciers, on découvrait le merveilleux thème d’Hedwige, devenu par extension le thème de Harry Potter et composé par Williams. Hérité du temps où Steven Spielberg (pour qui il a composé la musique de tous les films, sauf un) était sur les rangs pour l’adaptation du roman de Rowling, John Williams avait brillamment écrit la musique des trois premiers épisodes. Mais son emploi du temps était chargé au début de cette année 2005. Entre Star Wars : Épisode III et La guerre des mondes de Spielberg, il lui était impossible de tout enchaîner. Il passe donc la main. Jusqu’à la publication du CD de la bande originale signée P.Doyle, sur le site de AOL Music, une grosse angoisse avait pris de panique les fans de Williams. Et c’est un grand soulagement. Non, Doyle n’a pas détruit l’œuvre de Williams. Il livre avec Harry Potter et la coupe de feu un très bon travail, même si, bien sûr, il n’égale à aucun moment le formidable Williams.

Les chansons de la B.O...

The story continues
L’histoire continue. Et elle commence bien. Avec ce morceau martial, guidé par les percussions et les vents, utilisant par la même occasion le thème d’Hedwige de Williams, Doyle place les bases de son travail.

Frank dies
Il enchaîne sur ce thème plus noir, aux sonorités propres à Harry Potter. Le suspense monte progressivement, on croirait presque entendre un morceau d’un film d’Hitchcock. L’utilisation du violon et des cuivres est parfaitement justifiée pour cette scène.

The Quidditch World Cup
Et les ennuis commencent. Doyle choisit ici de placer un thème à percussions et violons, sonnant comme une musique celtique. Très beau peut être, mais pas forcément dans son contexte, malgré les Irlandais présents lors du match. Mais il repart dans la bonne direction au bout de 50 secondes et enchaîne sans coupure sur un air radicalement différent avec des tambours déchaînés et des voix d’hommes.

The dark mark
On plonge dans le noir. Réutilisation ici des percussions, rappel non innocent de la Coupe du Monde de Quidditch. Puis soudain, on se calme, à 1 min 10avant de reprendre à 1 min 30, mais dans un accord plus lent, qui ne perd cependant pas en noirceur. Répétition du thème ensuite.

Foreign visitors arrive
S’ouvrant sur une bonne utilisation du thème d’Hedwige, réorchestré pour l’occasion avant d’enchaîner sur un nouveau thème plus lent mais très mélodique.

The goblet of fire
Très beau thème, on pouvait s’y attendre. Lent, sublime, reprenant le thème au violon. Puis on retrouve les tambours et quelque chose de plus noir, rappelant quelque peu la marque des ténèbres.

Rita Skeeter
Un air léger, majestueux, aérien et malicieux pour l’un des meilleurs personnages de La Coupe de feu.

Sirius fire
On retrouve un thème mélancolique, qui fait penser à ceux de L’école des sorciers. Quelques instruments commencent avant un renfort progressif qui fait atteindre un orchestre presque complet. Comme presque toujours, reprise du thème principal. Le morceau se perd peu à peu et s’obscurcit.

Harry sees dragons
Un début sur une répétition de notes en accord parfait avant d’arriver sur un très beau thème martial, puis finissant à nouveau sur quelques accords.

The golden egg
Les percussions sont présentes tout au long de ce morceau avec un début en grande pompe et une reprise du thème. A 1 min 15, les tambours roulent et annoncent un nouveau thème grandissant. Finit sur une reprise quelque peu modifiée du thème principal, criant la victoire de Harry.

Neville’s waltz
Comme l’indique le titre, on a bien ici une valse. Dansante et rythmée, sous les violons. Mais ce n’est qu’une répétition infinie du même accord et qui devient lassant. Finissant par rappeler parfois Rita Skeeter, bizarrement.

Harry in winter
Rien de plus bête pour ce morceau qu’une reprise du thème. Et Doyle le fait ! Ca finit par sonner comme une comédie romantique. Mais n’est-ce pas le but ?

Potter waltz
Une valse, à nouveau. Mais celle-ci est bien plus réussie que celle de Neville. Les violons sont sublimes et enfin justifiés. Même si on finit par se lasser, car là aussi on a droit à une répétition d’accords.

Underwater secrets
C’est beau certes. Mais si je parlais d’un film de Disney, c’eut été parfait. Que vient faire ici un accord de tango ? Pas en forme sur ce coup. Et puis on trouve du mieux à 1 min 20 avec les voix a cappella, charmantes et ensorcelantes des sirènes (je suppose).

The black lake
Tout à fait potterien, ce thème est magnifique. Doyle tente probablement d’imiter Williams avec un grand orchestre et des très beaux accords. Pour une fois, il réussit.

Hogwarts’ march
Mais bien sûr ... Pourquoi ne pas l’avoir pas fait plus tôt ? Prendre un air de cirque, qui sonne comme le thème de Wallace et Gromit. Non mais, sans vouloir être méchant, c’est le pire morceau du CD. ça finit par se calmer, et les cuivres se font moins présents. Mais ils ne tardent pas à revenir. Pour finir en beauté ?

The maze
Ouf ! Pour le labyrinthe Doyle se ressaisit et réutilise ses accords noirs du début. Un morceau tout en noirceur et qui fait penser à Dementors in the train (de John Williams) composé pour le troisième volume des Harry Potter. Plus d quatre minutes de musique et pourtant on ne se perd pas, malgré une reprise de l’affreux Hogwarts’ march au milieu.

Voldemort
On l’attendait depuis toujours ce morceau. On ne pouvait donc qu’être déçu. Doyle, certes continues dans sa lignée noire mais empile ici ses thèmes et variations (cela se fait habituellement pour les génériques) en faisant quelques petites liaisons à l’aide de morceaux mélodiques nouveaux. Mais on assiste tout de même à une montée en puissance et à un suspense grandissant. 9 min 39 de musique, mention bien tout de même.

Death of Cedric
Utilisant à la fois des thèmes et des fragments nouveaux, ce morceau est superbe, Doyle en fait une musique larmoyante et touchante qui reste comme l’un des meilleurs de sa composition.

Another year ends
Une nouvelle année se termine et celle-ci préfigure la suivante. Quelques reprises de thèmes avant de finir en apothéose.

Hogwarts’ hymn
Du recyclage. Doyle en a l’air fan. Tout de même beau.

Do the hippogriff
Premier des trois morceaux de Jarvis Cocker. Celui là est rock, dansant, tendance punk.

This is the night
On commence lentement avant de se déchaîner à 30 secondes.

Magic works
Avec celui ci, c’est sûr et le titre l’indique, la magie opère. Un très bon slow.

Conclusion. Patrick Doyle remplit sa mission mais ne remplace en aucun cas Williams. On regrettera tout de même éternellement les morceaux uniques et sublimes du Prisonnier d’Azkaban. Mais ceci est différent, dans son genre et les musiques de Cocker ne sont pas si mal, et s’intègrent bien. Heureusement, la rumeur court que John Williams ne faisait qu’une pause pour ce nouveau volet... ;-)

Ehdp4 pour Poudlard.org