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Une interview du scénariste Michael Goldenberg

Le Carnegie Mellon Magazine vient de publier une interview de Michael Goldenberg ; le scénariste du film Harry Potter et l’Ordre du Phénix y compare l’écriture d’un scénario à une composition musicale :

« Quand on écrit de la musique, on travaille sur ce ce qu’on entend : le rythme, le tempo, la structure des phrases. Je pense que c’est une démarche similaire pour un film : il se définit dans un espace temporel comme la musique. On pourrait dire qu’il s’écoute aussi. » Un des passages qu’il a “entendu” en lisant le livre est la scène du pire souvenir de Rogue : « C’est un moment très fort quand on découvre qu’un parent - et a fortiori un parent que Harry a beaucoup idéalisé parce qu’il ne le connaissait pas - a des défauts comme tout être humain. Je me souviens avoir ressenti la même chose et je sais que beaucoup de personnes l’ont vécu aussi, pas forcément pour les parents mais pour toute personne qui a des responsabilités et qui se révèle avoir des doutes, des questions et des hésitations tout comme vous ; c’est terrifiant. C’est le Père Noël, la petite souris et Dieu qui meurent tous en même temps. »

Le scénariste s’exprime aussi sur les indications et conseils donnés par J.K. Rowling : « Jo m’a expliqué que Harry était protégé par l’amour de sa mère, mais au fil des livres il est confronté à plusieurs figures paternelles qui montrent des défauts. Dans l’“Ordre du Phénix”, Dumbledore, qui est le symbole paternel suprême, disparaît soudain totalement de l’histoire. Dumbledore semblait toujours sage et savant, et il se révèle être juste un homme - un homme très intelligent, mais qui a fait une terrible erreur, une erreur stratégique qui a entraîné un désastre. Il avoue ceci à Harry parce que celui-ci a le droit de savoir, mais aussi parce qu’il doit être désillusionné. Il a besoin de réaliser que pour qu’il puisse grandir et endosser ses responsabilités, Dumbledore doit tomber de son piédestal. »

« Ca me touche beaucoup. Je pense que c’est l’un des grands thèmes de la saga : la perte de l’innocence. J’ai toujours aimé les histoires de passage à l’âge adulte qui traitent de cette question. C’est ça qui m’a lié si profondément à cette histoire, et c’est la raison pour laquelle j’ai voulu la raconter. Avec ces leçons de vie, Harry passe de l’état d’enfant qui voit le monde en noir et blanc à celui d’adulte qui voit cet endroit dans toute sa complexité - et il découvre aussi sa propre complexité. J’ai trouvé que c’était une très bonne histoire à raconter, particulièrement en ce moment. »



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Brève publiée le vendredi 18 janvier 2008 à 13h52